Définir l'handicap, reste un exercice difficile du fait, en premier lieu, de sa complexité dans la mesure où bon nombre d'handicaps aussi bien mentaux que neurologiques et d'autres cohabitent ensemble; il est alors délicat, en second lieu, d'en donner une définition claire et concise, étant donné que de nos jours, l'handicap est perçu comme une souffrance alors que si l'on cherche bien, il peut s'apparenter à une force car grâce ou à cause de ce dernier; ceux qui en sont atteints s'en servent comme moteur, comme source de motivation et c'est bien là que réside toute sa richesse et sa puissance. Car, bien evidemment, force est de constater qu'il permet de surmonter des phénomènes et des péripéties que bon nombre de gens "normaux" ne peuvent pas faire ou accomplir. A travers celui-ci, on apprend à résister à la douleur même si, reconnaissons-le, ce n'est pas tous les jours un travail de tout repos; un autre effet se produit et celui là peut s'avérer surprenant et presque irréaliste car tout être humain sur terre ne doit pas agir de la sorte en s'endurcissant; cela peut le conduire à sa perte, à sa destruction et pire encore à faire souffrir autrui sans le vouloir. Il s'interdit même d'apprécier ceux que sont les petits plaisirs de la vie courante. Je conçois aisément sur ce point que certaines personnes ne seront pas d'accord. Par ailleurs, ce qui rend l'handicap mystérieux et curieux, c'est la façon dont la société se comporte face à ce fléau, à cet état naturel des choses. Il y a, de toute évidence, une sorte de mépris et de méconnaissance qui conduisent à un rejet total ou partiel de la personne handicapée. Une impression de lassitude et de dégoût comme si l'on faisait de ces êtres humains des rebus sans âmes et sans conscience, sans intelligence, sans raisonnement et plus horrible encore sans capacité d'intégration. Bien sûr, l'erreur est humaine mais le déni ne peut être pardonné et accepté. On ne peut evidemment pas changer les mentalités car elles évoluent avec l'histoire. C'est indéniable et un fait avéré voire irréfûtable. Toutefois, chaque individu ne forme t-il pas un tout unique et indivisible, qu'on ne peut changer à sa guise comme bon nous semble. Il faut ainsi donc, bien se dire, que la différence reste un état et non une barrière qui ne doit pas empêcher l'Etre Humain d'aimer, de comprendre et d'apprécier autrui à sa juste valeur avec ses qualités et ses défauts. La morale serait: ne jugez jamais sur le physique; essayez au contraire de voir au plus profond de l'âme et du coeur car n'est-ce pas avant tout le point de départ de nos émotions, de nos sentiments, de nos plus belles déclarations d'amitié, d'amour.